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- EQP
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CONSTRUCTION D'UN ESCALIER MUSÉE BOURDELLE
, Paris (75)
- LIEUParis (75)
- PHASEConcours
- DATE2024
- ProgrammeConstruction d'un escalier de secours au musée Bourdelle
- Maîtrise d'ouvrageParis Musées
- Budget276k € HT
- MissionBase, économie
- MandataireAtelier Julien Boidot
- ÉquipeNey & partners (structure), Batiss (sécurité incendie et accessibilité)
- CréditsImages : AJB
Les enjeux contemporains de sécurité et d’accessibilité offrent aux institutions culturelles l’opportunité de repenser en profondeur le parcours des visiteurs. Au musée Bourdelle, le projet d’escalier dépasse ainsi sa seule fonction réglementaire pour devenir un élément structurant de l’expérience spatiale et sensible.
Pensé comme une œuvre à part entière, l’escalier s’inscrit dans le dialogue étroit entre architecture et sculpture qui caractérise le lieu. À l’image des œuvres exposées, il propose une lecture multiple, oscillant entre perception d’ensemble et découverte progressive des détails, révélés par les variations de la lumière au fil de la journée.
Sa conception privilégie une approche matérielle et sensorielle. Le métal brossé, déployé en habillage des parois et en contre-marches, capte et diffuse la lumière provenant de la galerie ouverte au sud, l’accompagnant jusqu’au rez-de-jardin. Les marches en pierre de Comblanchien, en continuité avec le sol existant, ancrent l’ouvrage dans une forme de permanence et de massivité. Leur mise en œuvre précise, associée à une structure métallique discrète, confère à l’ensemble une présence à la fois sobre et affirmée. Les mains courantes en bronze, fines et continues, accompagnent le mouvement et prolongent l’expérience tactile.
Au-delà de sa matérialité, l’escalier engage le corps et le regard. Il devient un dispositif cinétique, révélant les mouvements des visiteurs, leurs apparitions et disparitions dans la profondeur de l’espace. La maille qui enveloppe la cage d’escalier filtre les vues et capte les reflets, transformant les silhouettes en présences diffuses, presque immatérielles.
Le parcours intègre des séquences variées, notamment un palier offrant un point de vue en surplomb sur le péristyle, enrichissant l’expérience du visiteur et inscrivant l’escalier dans la continuité du récit muséal.
Ainsi conçu, l’escalier dépasse sa fonction première pour devenir un moment d’architecture à part entière : une transition sensible entre le jardin et les espaces d’exposition, un objet habité, révélant la relation entre le corps, la matière et la lumière.